Delphine Peresan-Roudil - Créatrice de contenus

Ce qui m'a marqué en échangeant avec Delphine, c'est sa fidélité à une même intuition : transmettre la culture quel que soit le moyen. École du Louvre, médiation culturelle, puis sept ans et demi chez Artips où elle devient rédactrice en chef avant de tout réinventer en freelance. Entre les deux, la découverte du matrimoine et une conscience féministe qui ne l'a jamais quittée, jusqu'à l'écriture de son essai aux éditions de l'Atelier. Aujourd'hui, à travers ses conférences, ses podcasts et ses missions pour musées et entreprises, elle porte cette conviction intacte : mettre en lumière les femmes, c'est déjà un acte politique.

Quel est le premier souvenir qui te vient en tête en matière de culture ?

En fait, c'est plein de petits souvenirs un peu flous, parce que ma mère était prof d'arts plastiques. Elle nous a amenées très tôt au musée, ma sœur et moi.

Je suis originaire du sud de l'Essonne. Ma mère nous emmenait au musée à Paris, mais aussi dans les lieux culturels du coin, beaucoup de jardins. D'ailleurs, tu as parlé récemment du festival de Chaumont-sur-Loire : peut-être que mon premier souvenir de culture, c'est ça, avoir été en poussette au festival des Jardins de Chaumont-sur-Loire. Mes parents y vont depuis la toute première édition, et j'ai vécu presque toutes les éditions.

Qu'est-ce qui a fait basculer ce goût pour l'art pour en devenir une profession ?

Je pense que c'était vraiment une évidence. Enfant, je voulais être Indiana Jones, mais j'ai compris qu'être archéologue ce n'était pas vraiment ça. Ensuite j'ai voulu être restauratrice d'œuvres d'art, parce que je voulais pouvoir toucher les œuvres. C'était vraiment ça, le déclencheur. À 15 ans j'ai fait un stage chez un restaurateur de tableaux. Puis j'ai découvert la réalité du concours de l'INP, avec le niveau de physique-chimie qu'il fallait, et je me suis dit que ce n'était peut-être pas pour moi.

Je me suis demandé ce que je pouvais faire d'autre : travailler dans un musée. Au début je voulais être conservatrice, et c'est là que j'ai branché les wagons vers des études d'histoire de l'art, à l'École du Louvre notamment. Mais en cours de licence, j'ai bifurqué vers la médiation culturelle, parce que je me suis rendu compte que c'était vraiment ça qui me plaisait : être en contact direct avec le public, dans le partage et la transmission des savoirs. La pomme ne tombe pas loin de l'arbre : ma mère était prof, moi j’ai fait de la médiation culturelle. À partir de là, tout ce que j'ai fait ensuite avait un lien avec cette idée de partage des connaissances, jamais dans l'élitisme du « on garde le savoir pour quelques-uns ».

Quel est ton rapport avec la couleur bleue ?

Ça, en fait, je ne sais même pas l'expliquer. Il y a un essai magnifique de Maggie Nelson, Les Bleuets, où elle explique qu'on lui demande souvent pourquoi elle est autant fan de bleu, et qu'elle répond que c'est un peu comme quand on tombe amoureux : on ne saurait pas l'expliquer.

Moi, ça remonte aussi loin que je m'en souvienne. Dès que j'ai eu mon mot à dire sur la couleur des murs de ma chambre, sur les vêtements que je pouvais porter, c'était bleu. Aujourd'hui, c'est à la fois un projet très personnel — j'ai un podcast sur la couleur bleue qui s'appelle Culture Bleu, et un projet de roman sur l'invention du bleu outremer artificiel — et ça infuse aussi mes missions professionnelles : j'ai écrit des articles pour Beaux-Arts Magazine sur les pigments, et récemment j'ai animé une masterclass avec Michel Pastoureau, l'historien des couleurs — j'étais comme une petite fille devant le Père Noël.

L'une de tes premières expériences professionnelles, ça a été chez Artips, où tu es restée pas mal de temps et où tu as eu plusieurs casquettes différentes. Ça m'intéresse de savoir ce que tu en as retenu, et comment tu as vécu les choses de l'intérieur.

J'avais fini mon master en médiation à l'École du Louvre, puis un master 2 à Paris 3 en didactique de l'image. Pour le valider, il fallait faire un stage, et je l'ai fait chez Artips, qui à l'époque était encore une toute petite startup fondée un peu plus d'un an avant. Ma formation à l'École du Louvre était très classique, très tournée vers le monde des musées : on n'y parlait absolument pas de ce monde immense de la culture qui touche aussi les entreprises.

En arrivant là-dedans en janvier 2015, ça a été un vrai coup de foudre professionnel : c’était tout ce que j'aime, la transmission, la démocratisation des savoirs. Artips, c'est une newsletter qui parle d'histoire de l'art par l'anecdote. J'étais leur deuxième recrutement à l'issue de mon stage. Je suis restée sept ans et demi, et mon poste a beaucoup bougé. Assez vite je me suis retrouvée avec les attributions de rédactrice en chef du média. À côté, j'avais développé une offre de conférences en entreprise où je parlais des problématiques de l'entreprise en passant par l'art.

Je suis arrivée en 2015, à la fin de la bulle startup à Paris. Il y avait encore tout cet imaginaire très positif du type « on est une grande famille », « pourquoi une augmentation si on a un baby-foot ? » — des choses qui seraient inaudibles aujourd'hui mais qui à l'époque étaient dites dans le plus grand calme. J'en retiens des choses très positives, et aussi des choses plus toxiques qui m'ont rendue plus vigilante, aujourd'hui, à certains aspects de mon rapport au travail.

À quel moment as-tu vu la bascule, entre le moment où vous alliez chercher les clients et le moment où on est venu vers vous ?

Je n'ai pas vraiment de moment précis, ça s'est fait plus en continu. Dans les années 2017-2019, avant le Covid, il y a eu une montée en puissance. Puis il y a eu le Covid : on a énormément travaillé pro bono pour des musées démunis, sans présence en ligne, pour garder le lien avec leur public pendant le confinement.

Après le confinement, il y a eu un vrai ras-le-bol des écrans et une forte demande de retour en présentiel. C'est aussi à ce moment qu'on a développé le podcast. Le podcast, pour moi, ça a été une épiphanie : j'étais déjà une auditrice assidue, et je me suis dit que c'était un canal génial de partage des savoirs. J'ai commencé à faire des voix off, puis je me suis formée au montage, au mixage, et j'ai développé mes propres projets de podcast.

Après Artips — au moment de décider de partir ?

Il y a eu plusieurs choses. La première, c'est qu'au bout de sept ans et demi, j'avais fait le tour. Les quatre premières années, je n'ai fait qu'apprendre, je faisais quatre ou cinq métiers différents en un — c'était extrêmement stimulant. Puis l'entreprise s'est stabilisée, et je me suis mise à m'ennuyer.

La deuxième chose, c'est que c'était ma première expérience professionnelle, et j'avais un peu fusionné avec mon poste. J'avais cette peur de me dire : qu'est-ce que je suis, quand je ne suis pas la rédactrice en chef d'Artips ? Je suis partie en mai 2022. Aujourd'hui, j'aurais de gros scrupules à rebosser dans une startup, mais ça m'a beaucoup appris : la souplesse, l'adaptabilité, l'exigence de rigueur même quand on va vite. J'ai adoré aussi la variété des clients — musées, institutions culturelles, tourisme, entreprises — j'ai appris à parler toutes ces langues-là : on ne parle pas de la même façon à une responsable des publics d'un musée et à une responsable RSE handicap d'une boîte du CAC 40.

Est-ce que ça s'est imposé assez naturellement de créer ta structure, ou tu as envisagé d'aller travailler dans une institution ?

Je viens d'une famille de fonctionnaires, personne n'a connu le chômage. Il y avait cette espèce de terreur de me retrouver sans emploi. Donc j'ai d'abord regardé d'autres emplois dans la culture. Et je me suis retrouvée démunie devant les fiches de poste, parce que je faisais quatre ou cinq métiers différents, et là, chaque fiche ne portait que sur un seul métier : j’ai eu peur de m’ennuyer très vite.

J'ai fait un non-choix : demander une rupture conventionnelle et attendre de voir. Et en fait, le freelancing s'est imposé à moi : je n'étais même pas encore partie de l'entreprise que des gens avaient déjà eu vent de mon départ et me disaient qu'il fallait absolument que je vienne les aider sur telle ou telle chose. Donc je suis devenue freelance presque malgré moi, mais en étant très consentante. Je ne regrette absolument pas ce choix.

Comment as-tu orienté tes activités sur les femmes artistes et leur place dans l'histoire de l'art ? Comment tu t'es formée ? Quelle ampleur ça a pris dans tes activités ?

J'ai grandi dans un foyer féministe, avec une mère, des tantes, une grand-mère très présente. Contrairement à beaucoup de femmes qui ont une épiphanie féministe à un moment précis, je n'ai pas vraiment de moment que je pourrais dater. Cette conscience féministe, j'ai l'impression qu'elle a toujours été là.

Pour ce qui est des femmes artistes, c’est venu à l'École du Louvre. Pour l'essai sur le matrimoine, j'ai fait l'exercice de me demander : de combien de femmes m'a-t-on parlé pendant mes trois ans d'histoire générale de l'art ? On a mutualisé nos souvenirs avec des copines, et on s'est rendu compte qu'en trois ans, on avait eu cinq noms de femmes. Et dans quatre cas sur cinq, elles étaient citées en lien avec un homme — « femme de », « élève de untel ». J'ai été diplômée en 2014, avant MeToo, avant Les Culottées de Pénélope Bagieu, avant toute la vague d'expositions sur les créatrices : on n’était pas encore sensibilisées à ces sujets, ils n’étaient pas aussi présents dans la sphère publique. Mais ce qui m'a frappée, c'est qu'à chaque fois qu'il y avait un nom de femme, je me jetais dessus, j'avais envie de tout savoir. C'est progressivement, par ce manque et cette curiosité, que je me suis rendu compte que c'était un sujet qui m'intéressait.

Ensuite j'ai lu l'essai de Linda Nochlin, Pourquoi n'y a-t-il pas eu de grands artistes femmes ?, et l'essai de Reine Prat, Exploser le plafond, qui a été un moment très fort dans la construction de ma conscience féministe.

Et chez Artips, comme j'avais la main sur le programme, je me suis dit qu'on allait rendre ce programme plus mixte, parce qu'il n'y avait quasiment que des hommes. J’ai décidé qu’au minimum une newsletter sur trois serait consacrée à une artiste. Ce n'était pas mettre des femmes pour mettre des femmes, c'était créer une histoire de l'art plus mixte. Ça a très bien marché, avec des retours très positifs, notamment de la part des lectrices. Il y a eu aussi quelques rageux — des messages du type « je me désabonne parce que ça devient trop politique ». Je me suis rendu compte assez tôt que rien que de parler des femmes, c'était déjà politique.

Comment tu utilises ce levier de l'histoire de l'art pour sensibiliser à l'égalité hommes-femmes, aujourd'hui, dans tes activités ?

En étudiant ces femmes, leur formation, leur parcours, et la manière dont la postérité les a complètement effacées, je me suis rendu compte que plein de biais sexistes qu'elles ont pu rencontrer sont encore les mêmes aujourd'hui. Que tu parles d'une peintre du dix-septième siècle, d'une entrepreneuse ou d'une grande sportive d'aujourd'hui, tu retrouves des mécaniques sexistes identiques.

Quand j'ai commencé à développer une offre de conférences en entreprise, le premier sujet que j'ai traité, c'était les femmes artistes, avec en filigrane le sexisme dans le monde professionnel d'aujourd'hui. Passer par l'histoire de l'art permettait de rendre les sujets plus consensuels, moins frontaux. C'est un peu un cheval de Troie : tu rentres dans l'entreprise et tu parles de sujets extrêmement féministes sans que ce soit forcément perçu comme tel par une part de l'audience.

Ça a commencé par les femmes artistes, et ensuite j'ai étendu ça à d'autres domaines : les codeuses, un bastion très masculin et encore très sexiste aujourd'hui, alors qu'historiquement les métiers de la programmation étaient des métiers ingrats, sous-payés, et donc très féminisés — dès qu'il y a eu une bascule de pouvoir et d'argent sur le numérique, c'est devenu un métier très masculin. J'ai étendu aussi aux sciences avec l'effet Matilda, au sport, à l'histoire au féminin. Et je me suis aussi beaucoup intéressée à la question du handicap : comment l'histoire de l'art a représenté le handicap à travers les siècles. Mais clairement, le sujet qui me porte le plus, c'est le sexisme, l'égalité femmes-hommes, la prévention des biais de genre et des stéréotypes sexistes.

On va parler de ton livre. Dis-moi comment c'est devenu une continuité par rapport à tout ton travail, et qu'est-ce qu'on va trouver dans ce livre ?

Le cœur de mon métier, c'est l'écriture. Dès 2016, en parallèle d'Artips, sur LinkedIn, j'ai créé des rendez-vous réguliers que j'ai appelés les « Mardi Matrimoine ». Je venais de découvrir le mot « matrimoine » — il y avait eu les premières Journées du matrimoine à Paris en 2015. Au début, c'était beaucoup des portraits de créatrices. Progressivement, ma réflexion a mûri, et aujourd'hui je traite plutôt de problématiques liées au matrimoine ou à son actualité. Par exemple, le projet de mettre les noms de 72 savantes sur la tour Eiffel, c'est de l'actualité du matrimoine. Ou quand Trump décide d'effacer toutes les femmes du site de la NASA, c'est une actualité très forte, qui en dit long sur le backlash dans lequel on commence à être.

C'est grâce à ce projet que j'ai été approchée par Gaëlle Bidan, des éditions de l'Atelier, qui m'a proposé d'écrire le premier essai entièrement consacré à la notion de matrimoine destiné au grand public. Le mot a du mal à se diffuser — à chaque fois que je parle de mon essai, beaucoup de gens n'ont jamais entendu ce mot. Un des grands bonheurs de ce livre a été de contacter des gens que j'admire éperdument et de leur proposer de parler de matrimoine — et ce sont des personnes qui ont dit oui.

Il y a quelques noms comme ça que tu peux donner ?

Michelle Perrot, la grande historienne des femmes qui a inventé la discipline dans les années 70 — quelqu'un d'extraordinairement généreux, qui s'intéresse beaucoup aux jeunes chercheuses.

Rokhaya Diallo — une autre personne que j'admire profondément, pour ce calme, cette présence, cette pédagogie, même dans des environnements très hostiles.

Julie Verlaine, qui a beaucoup travaillé sur les veuves d'artistes — qu'est-ce que c'est que d'être une créatrice, épouse d'artiste, et de devoir gérer la postérité de son conjoint disparu, quitte à s'oublier soi-même.

Le fait de confronter ma propre réflexion à des personnes qui ne venaient pas forcément de l'histoire de l'art m'a fait évoluer vers une vision beaucoup plus extensive du matrimoine — cela fait plus d’un demi-siècle qu’on parle de patrimoine ouvrier, de patrimoine immatériel, alors que quand on parle de matrimoine, on a beaucoup de mal à s'extraire de la seule figure de la grande femme. Par exemple, récemment, j'étais au futur musée-mémorial des femmes dans la Résistance, qui sera au Fort de Romainville : il y a des noms connus, moins connus, des anonymes... Tout ce matrimoine résistant est incroyable, mais il a été relativement peu étudié jusqu'à maintenant.

Quels sont les moyens les plus efficaces pour toi, pour rendre les femmes plus visibles dans l'histoire de l'art ?

Cela impliquerait de modifier en profondeur la manière dont on enseigne et dont on présente l’histoire de l’art dans les musées. Les expositions temporaires sur des créatrices, c’est formidable, mais c’est une première étape seulement : l’enjeu serait par exemple de repenser les accrochages permanents, pour construire une histoire de l’art plus mixte. De réfléchir aux politiques d’acquisition, de restauration et d’accrochage, comme a pu le faire le Palais des Beaux-arts de Lille, pour réduire l’énorme écart de genre dans les collections. De repenser aussi la manière dont on parle des femmes (que ce soient les artistes ou les modèles) dans les textes de salle et les ouvrages, pour éviter de reproduire des biais sexistes. Et enfin, de remettre en avant des figures essentielles dans la constitution de l’histoire de l’art qui ont été invisibilisées en raison de leur genre : des collectionneuses, des marchandes, des mécènes, des donatrices...

Le fait d'avoir ta propre entreprise dans le secteur culturel, les sujets dont tu traites sont des sujets où l'actualité et la sensibilité du moment font que les commandes sont plus ou moins nombreuses ? Est-ce que tu te vois continuer en tant qu'indépendante, à travailler seule ?

Je fais beaucoup de choses très différentes : les conférences en entreprise, la création de contenus culturels, du podcast pour des clients comme l'Institut national d'histoire de l'art ou Visit Flanders, un peu de programmation culturelle... L'ADN commun de tout ça, c'est toujours la même chose : comment transmettre ou partager le mieux possible un savoir.

L'ADN du freelancing, c'est qu'il y a une forme d'incertitude, et des périodes de précarité. Ça m'a frappée après la réélection de Trump : dans les mois qui ont suivi, beaucoup d'entreprises ont commencé à tenir un discours du genre : « là, on n'a pas les budgets pour parler de sensibilisation aux discriminations ». Il y a eu un revirement très soudain, très marqué : d'un côté les entreprises sincères, qui continuaient à commander des conférences ; de l'autre celles qui ont complètement arrêté, sans scrupule.

Ça a été assez dur : j'ai eu un gros trou dans les commandes à ce moment-là, et la première moitié de 2025 a aussi été assez terrible, avec beaucoup de retard dans le vote du budget, beaucoup de collectivités en stand-by. On a été très nombreux et nombreuses, dans l'entrepreneuriat, à souffrir beaucoup à ce moment-là.

Mais je continue à me voir freelance aussi longtemps que j'ai des clients qui veulent me faire confiance, et tant que ça me fait plaisir. J'ai deux baromètres : est-ce que j'ai mal au ventre ou pas — si j'ai mal au ventre en commençant une mission, c'est très mauvais signe. Et deuxième symptôme : le blues du dimanche soir. Depuis que je suis freelance, je l'ai très, très peu eu. Si ça arrive, je me poserai des questions.

Si tu devais recommander un artiste pour parler de l'égalité homme-femme, ce serait lequel — dans son œuvre ou dans son parcours ?

Il y a une œuvre d'Annette Messager que j'aime beaucoup : des mouchoirs brodés, où elle brode des proverbes sexistes. J'aime beaucoup cette œuvre parce qu'elle utilise un médium très féminin, très méprisé aussi — la broderie sur des petits mouchoirs — pour écrire des énormités. C'est joliment exposé dans des vitrines, dans un musée, et quand tu les lis, ce sont vraiment les citations les plus sexistes que tu puisses imaginer.

J'aime beaucoup cette œuvre pour ce retournement : quelque chose considéré comme très féminin, et donc méprisé parce que féminin, utilisé pour en faire quelque chose de très puissant, qui nous met très frontalement devant le sexisme d'un proverbe qu'on peut balancer sans y penser, devant le sexisme banal dans lequel on évolue au quotidien.




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Cécile Bourgeat - Directrice générale de la Biennale de Lyon